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18 avril 2015

Police, Jo Nesbø



Je devais d'abord lire autre chose -puisque je suis en période de sevrage de polars-mais quand j'ai eu en mains le dernier Nesbø, je n'ai pas pu patienter longtemps. Il est passé devant tous les autres & je l'ai terminé en deux jours. Comme d'habitude, Nesbø ménage son petit suspens jusqu'au bout !
Celui-ci n'est pas trop sanglant par rapport à d'autres mais ça reste noir quand même. Ça m'arrange, je n'aime pas trop quand ça charcle...
Avec l'habitude, il y a certains panneaux dans lesquels je ne suis pas tombée mais je n'ai toutefois pas reconnu l'assassin avant qu'il ne soit dévoilé. J'ai aussi échappé au tout dernier piège du récit, & en bonne interprète que je suis, j'ai pensé tout le long aux traducteurs de Nesbø qui ont dû se creuser les méninges pour choisir précieusement leurs mots pour faire passer les pistes induites par l'auteur, qui joue beaucoup sur les mots ici... 
Un régal pour les fans comme moi !




Quand un policier d'Oslo est assassiné à la date anniversaire et sur les lieux d'un crime non élucidé, cela n'est certainement pas un hasard. Et lorsque deux autres policiers qui ont participé à des enquêtes infructueuses sont tués à leur tour, c'est une évidence : un meurtrier brutal aux méthodes bestiales rôde dans les rues de la capitale norvégienne. 
La police ne dispose d'aucun indice et, pire encore, elle déplore l'absence de son meilleur limier. Mais aujourd'hui, l'inspecteur Harry Hole n'est plus en mesure d'aider ni de protéger quiconque. 
Pendant ce temps, à l'hôpital d'Oslo, un homme gravement blessé est dans le coma. Personne ne connaît son nom. Même les policiers chargés de le protéger n'ont pas le droit d'approcher le patient. S'il reprenait conscience, cet inconnu aurait pourtant bien des secrets à révéler...

10 avril 2015

Où vont les guêpes quand il fait froid ? Pascale Wilhelmy



Ça ressemble à de l'autofiction, c'est très noir, mais plutôt bien écrit, dans mes souvenirs...
Pour autant je n'ai pas adoré ce récit. Trop de drame. C'est vrai que c'est un drame, un drame terrible que de perdre un amoureux & un drame terrible que l’incompréhension face au suicide d'un être cher. Mais il me semble que ce récit tient plus de la complainte que de la transcendance... C'est un beau livre qui laisse de fortes empreintes, mais un peu pénible à lire... je suis mitigée...








Après des années d'errance sentimentale, une femme trouve l'amour auprès d'un homme qui la protégera, enfin. Sept mois plus tard, il s'enlève la vie. Le choc est si brutal qu'elle en perd la voix. Où vont les guêpes quand il fait froid ? raconte sa lente remontée à la surface, vers la lumière, vers ses enfants, ses amis, vers la vie qui continue. Vers le désir, surtout, impérieux, qui refuse d'abdiquer, vers la peau qui guérit.



2 avril 2015

Zona frigida, Anne B.. Ragde







4ème de couv ' : Embarquement pour le Spitzberg ! Cette Zona frigida, étendue froide et aride, semble peu propice aux vacances qu'a décidé de s'offrir Bea. A moins que la jeune caricaturiste ne soit venue chercher, entre deux litres d'alcool, une mystérieuse délivrance... La croisière bascule plutôt dans un redoutable huis clos où s'abat, glacial, l'esprit de vengeance."


La 4ème de couv'  ne dit pas grand chose de ce roman que j'ai dévoré en un week-end. Cette virée en bateau dans le Svalbard mêle juste ce qu'il faut de suspens, d'humour, de personnages délicieux et de descriptions des paysages superbes (pas trop longues ni ennuyeuses) pour passer un bon moment de lecture. Bea,  Georg et les autres nous font vivre un délicieux huis clos, mais piquant et drôle, jamais glauque. Je ne trouve pas que s'abat, glacial, l'esprit de vengeance... 


On est bercé par les rencontres avec les fulmars et les ours polaires, par le gîte du Ewa, par les verres de gin et de cognac engloutis & l'on se plaît à espérer que les rencontres miraculeuses deviennent réalité... 

30 mars 2015

En finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis





J'avais bien envie de lire ce récit. Le témoignage de vie n'est pas inintéressant, mais j'aurais aimé que l'auteur ne s'arrête pas là où il s' est arrêté, j'aurais aimé qu'il raconte le choc des cultures... l'intégration, et peut - être aussi le sentiment de ne jamais être exactement à la bonne place ? 
Je n' ai pas vu de trouvailles littéraires dans ce texte, à part peut - être les paroles rapportés en italique, de façon abrupte à la fois sur la forme et sur le fond. Je ne me suis pas régalée de belle langue, le style semble pour moi sans relief...  Je reste un peu sur ma faim... 
Et je trouve quela fin de la 4ème de couv ' extrapole un peu...Rien dans ce livre n' est théorisé, rien ne dit que le personnage-auteur est sauvé, au moment où l'on tourne la dernière page. Peut - être. ne faut-t-il pas confondre le livre et ce qui en est dit en interview ?

4ème de couv ' : 

Elevé dans une famille ouvrière de Picardie, Eddy ne ressemble pas aux autres enfants. Sa manière de se tenir, son élocution, sa délicatesse lui valent de nombreuses humiliations et injures, tant par ses camarades de classe que par son père alcoolique et sa mère revêche. Lui-même finit par s'interroger sur cette homosexualité dont on le taxe avant même qu'il éprouve le moindre désir. Mais la véritable persécution ne vient-elle pas du conditionnement social ? Il parviendra à s'arracher à cette chape écrasante, qui donne au récit une allure zolienne, et à imposer sa personnalité en poursuivant des études de théâtre à Amiens, loin de l'enfer familial et villageois qu'il a connu. Ce texte, psychologiquement frappant, dresse un tableau saisissant d'un monde populaire brutal et sensiblement archaïque. Mais la finesse de l'auteur, par ailleurs sociologue, resitue dans un contexte social le drame familial qui aurait pu devenir une vraie tragédie individuelle. Comment échapper à la détermination ? Comment chaque être peut-il inventer sa liberté ?

26 mars 2015

Les Particules élementaires, Michel Houellebecq



J' ai fait une crise de complexes avant d'aller parler bouquins avec les amies de mon amie L., traumatisée à l'idée que je n'aurais lu que des polars cette dernière année, ou presque. Du coup, vas savoir pourquoi, je me suis mis en tête que je ne pouvais pas y aller sans avoir lu un livre de Houellebecq. Pourquoi ? N'importe quoi... Cela dit, je l' ai fait pour de vrai. J' ai choisi les Particules élementaires parce que c'est le titre qui m'est venu. 
J' ai bien fait, en réalité : maintenant je sais que je n'aime pas ! 
J'ai trouvé ça glauque, bavard, mal rythmé.  L'auteur tue tous ses personnages iu presque, ça en devient exagéré.

C'est assez rare que je n'aime pas du tout un roman, au pire ils me tombent des mains, ils ne me laissent aucun souvenir... Mais là non, Houellebecq ce sera sans moi ! 


4ème de couv'  :


Michel, chercheur en biologie rigoureusement déterministe, incapable d'aimer, gère le déclin de sa sexualité en se consacrant au travail, à son Monoprix et aux tranquillisants. 
Une année sabbatique donne à ses découvertes un tour qui bouleversera la face du monde. Bruno, de son côté, s'acharne en une quête désespérée du plaisir sexuel. Un séjour au " Lieu du Changement ", camping post-soixante-huitard tendance New Age, changera-t-il sa vie ? Un soir, une inconnue à la bouche hardie lui fait entrevoir la possibilité pratique du bonheur. Par leur parcours familial et sentimental chaotique, les deux demi-frères illustrent de manière exemplaire la société d'aujourd'hui et la quête complexe de l'amour vrai.

2 octobre 2014

C'est pas moi, c'est L!



Oui, je la dénonce, c'est entièrement sa faute ! L m'a offert des livres pour mon anniversaire
& parmi eux : La Cinquième femme, d'Henning Mankell.

C'est un polar suédois. J'ai commencé à lire des polars il y a seulement quelques années... Je ne connais pas bien ce genre, je ne suis peut-être donc pas tous les bons auteurs... Pour moi , un polar est bon quand il n'est pas trop sanglant, avec du suspens mais pas insoutenable, que le personnage principal est très fort et surtout, surtout, quand le polar est bien écrit ! Le fond c'est bien, la forme c'est mieux ! 

J'ai adoré les Fred Vargas, qui sont vraiment bien écrits & dont le personnage récurrent, le commissaire Adamsberg est extrêmement attachant (& super fortiche !).

J'ai dévoré les Jo Nesbo, également formidablement écrits, ( mais quand même assez sanglants pour moi : il me reste le dernier à lire :-)) qui met en scène le commissaire & loser Harry Hole, que j'ai aimé à la folie.

J'ai été prise d'une Harlan Cobenite aigue cet été, mais ça m'est vite passé, je ne suis pas sûre de trouver ces polars extrêmement bien écrits, c'est sûrement une histoire de goût. Par contre j'ai été séduite par les intrigues & j'ai adoré Myron Bolitar & son comparse  Windsor "Win" Home Lockwood.

Me voilà à nouveau prise d'une addiction aux Mankell & son commissaire Wallander. J'ai lu : Meurtriers sans visages, Les Chiens de Riga, La Lionne blanche, Le Guerrier solitaire, La cinquième femme, Les Morts de la Saint Jean, La Muraille invisible. Il me manque l'Homme qui souriait, puis je pourrai attaquer la suite, puisque Linda, la fille de Kurt Wallander, devient l'héroine des polars de Mankell ! 


J'ai donc beaucoup lu, avec avidité ( les polars c'est un peu comme les séries, ça parle à mon coté addict...) mais je n'ai pas fait d'articles de blog. J'en ferai quand je lirai autre chose que des polars ! 

9 mars 2014

Le Collier de la Reine, Alexandre Dumas



J'ai mis des semaines à lire Le Collier de la Reine, épuisée par le travail et les journées d'hiver. Mais je l'ai aimé, autant que j'avais aimé Les 3 Mousquetaires. C'est romanesque et tellement bien écrit... J'adore la richesse de la langue de Dumas, jamais ennuyeuse ni ampoulée, les descriptions ne sont pas longues ni fastidieuses; on va de rebondissements en rebondissements... Je trouve que la lecture de ses romans  s'apparente à du divertissement de très grande qualité. Environ 800 pages de plaisir! Marie-Antoinette et sa cour, Mme de La Motte, le cardinal de Rohan, Cagliostro, Oliva, Philippe de Taverney et Olivier de Charny nous font vivre d'incroyables intrigues, toutes plus humaines les unes que les autres. Ce volume fait partie d'une série que je n'ai pas prise au début, mais je suis en tout cas curieuse de connaitre le devenir de la Comtesse de Charny!



1784. Un fabuleux collier de diamants se trouve être l'instrument de la fin du règne de Louis XVI.
Marie-Antoinette, reine de France, affronte Jeanne de la Motte une intrigante aventurière.Bien plus qu'un roman d'aventures, Dumas décrit les prémices de l'une des plus célèbres pages de l'histoire de France : la Révolution. 

12 novembre 2013

Nouilles froides à Pyongyang, Jean-Luc Coatalem





J'ai eu envie de le lire après avoir entendu l'auteur dans une émission de France Inter.
Il me semblait passionnant de découvrir ce qui pouvait se passer en Corée Du Nord, passionnant de comprendre comment le Grand Dictateur pouvait maintenir le joug de la mascarade sur ses- j'allais dire sujets...


En fait, je suis un peu déçue de n'avoir pu apprendre grand-chose... Mais c'est peut être là que la forme sert le fond ! Ce voyage extrêmement organisé, qui ne laisse place à aucune digression, entraîne l'auteur dans un ronron de visites factices... 
Rien ne se passe et l'on comprend que c'est dans ce rien, cette suite de vitrines inertes présentées aux yeux du touriste occidental, que réside le mystère de l'absurdité de la vie en Corée du Nord.... Surtout pas d'authenticité, sous peine d'être interné, voire torturé ?

On sent que l'auteur pourrait être englouti par ce vide qui lui est proposé chaque jour, le même vide qu'il décrit au creux des assiettes... Corée du Nord, envers du décor d'une pièce de théâtre dont le Grand ordonnateur du juché serait à la fois le metteur en scène et le spectateur... 
A la fois ennuyeux et fascinant !





n résumé : Littérature Française, roman - Noui

Nul n'entre ni ne sort de Corée du Nord, le pays le plus secret de la planète. Et pourtant, flanqué de son ami Clorinde, qui affectionne davantage Valéry Larbaud que les voyages modernes, et déguisé en vrai-faux représentant d'une agence de tourisme, notre écrivain nous emmène cette fois sur un ton décalé au pays des Kim. Au programme : défilés et cérémonies, propagande tous azimuts, bains de boue et fermes modèles, mais aussi errances campagnardes et crises de mélancolie sur les fleuves et sur les lacs, bref l'endroit autant que l'envers de ce pays clos mais fissuré. Un journal de voyage, attentif mais distant, amusé parfois, jamais dupe, dans ce royaume énigmatique dont un diplomate américain affirmait récemment que l'on en savait moins sur lui que sur... nos galaxies lointaines.

12 août 2013

Les Enfants de la terre, Jean M. Auel


C'est sur les conseils de deux amies que j'ai commencé la saga des Enfants de la terre, sans me rendre compte dans quel engrenage je mettais le petit doigt! C'est plutôt bien traduit, même si parfois on trouve des ruptures dans les expressions utilisées & donc très fluide à lire. Il s'agit d'une suite de romans d'environ 800 pages chacun. Ils se lisent bien, l'auteur sachant distiller le suspens pour tenir le lecteur en haleine. D'aventures en découvertes, les personnages nous font voyager et découvrir comment on peut survivre dans la nature sans mobile ni ordinateur!

J'ai donc lu, les uns après les autres : Le Clan de l'Ours des cavernes, La Vallée des chevaux ( mon préféré, je crois), Les  Chasseurs de Mammouths, Le Grand Voyage, Les Refuges de pierre, Le Pays des Grottes Sacrées. 

C'est l'histoire d'Ayla, l’héroine, qui a perdu son peuple enfant et se retrouve adoptée par des néandertaliens, alors qu'elle appartient aux homo-sapiens. Les six romans retracent sa vie et ses aventures, la quête de son peuple perdu, d'un compagnon, de sa place dans la société d'alors. Ayla est une femme déterminée, forte & fragile à la fois, d'une intelligence & d'une sensibilité sans bornes & l'on suit les moeurs des "Hommes des cavernes" à travers ses pérégrinations. L'auteur en fait une femme Barbara Gould avant l'heure, elle en fait une figure emblématique, presque féministe malgré son envie de se conformer aux normes. 
Je ne savais pas que l'auteur était américaine ni que c'était une femme avant d'effectuer quelques recherches : j'avais l'impression, notamment pour le 2ème tome, que c'était une femme qui racontait la vie d'Ayla en solitaire dans sa vallée. Je n'ai pas noté ce qui m'avait laissé imaginer cela, mais j'avais vraiment l'impression que c'était là la voix d'une femme... ce qui est bien le cas... De quoi relancer le débat sur "Une écriture féminine?"...



( difficile de trouver une illustration potable, les couvertures étant - à mon goût- affreuses, donnant l'impression qu'il s'agirait là de romans de gare. Pitié les éditeurs, pitié pour nos prunelles!)

Bien sûr, l'auteur ne fait pas l'économie de longues descriptions, dont j'ai lu une partie "en travers" ( je n'apprécie pas les descriptions en général) malgré le grand intérêt que puissent présenter toutes les informations sur les plantes et végétaux utilisés par Ayla la Guérisseuse. C'est un hymne à la Terre & à ses ressources, ce qui fait sans cesse penser qu'en 2013, on ne cesse de les piller, sans pour autant en concevoir plus de bonheur, peut-être que ces "Anciens".

Contente de les avoir lus, c'est un très bon divertissement, bien que les nombreuses redites ( pour que chaque tome puisse être lu et compris indépendamment des autres) soient parfois pesantes. Contente aussi d'avoir terminé pour pouvoir me tourner vers d'autres lectures & d'autres univers.


22 mai 2013

Les Trois Mousquetaires, Dumas



J'ai adoré! Je ne sais pas pourquoi je me suis mise à lire Les Trois Mousquetaires, car a priori rien ne me porte vers des récits épiques. C'est le hasard qui m'a fait le choisir dans ma liseuse & bien m'en a pris! C'est tout à fait romanesque, c'est drôle, enlevé & la langue est de toute beauté. Le suspens nous tient jusqu'à la fin... J'imagine que tout le monde connait la fin, sauf moi, aussi ai-je été surprise & soulagée à la fois que les Mousquetaires soient libérés de cette diablesse! Et presque déçue que ces quatre gentilhommes n'aient pas existé pour de vrai! Intrigues nouées et dénouées nous font trembler pour le destin des personnages, qui sont mus par l'argent, les femmes, l'honneur, rien que de très connu & pourtant pas du tout ennuyeux... Un très grand roman que je découvre fort tardivement! L'avoir vu au cinéma, au théatre, ou toute autre forme que ce soit ne remplacera à mon avis pas le plaisir apporté par l'écriture, par les détails de l'oeuvre, forcément tronqués dans une adaptation...

Je viens de découvrir qu'il y a deux suites à ce gros roman, je vais sans doute me les procurer, si la qualité est au rdv!

Je l'ai lu dans cette édition, mais comme la liseuse est en noir et blanc, la couverture avait l'air moins moche!


6 mars 2013

Eldorado, Laurent Gaudé





Gardien de la citadelle Europe, le commandant Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les embarcations des émigrants clandestins. Mais plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission.
Dans le même temps, au Soudan, deux frères (bientôt séparés par le destin) s'apprêtent à entreprendre le dangereux voyage vers le continent de leurs rêves, l'Eldorado européen...
Parce qu'il n'y a pas de frontière que l'espérance ne puisse franchir, Laurent Gaudé fait résonner la voix de ceux qui, au prix de leurs illusions, leur identité et parfois leur vie, osent se mettre en chemin pour s'inventer une terre promise.

J'aime beaucoup lire dans la collection Babel d'Actes Sud. Le papier est beau, les couvertures sont douces et c'est à CHAQUE fois sans exception un plaisir entier.  Je n'aurais jamais choisi de lire un roman de Laurent Gaudé, les 4èmes de couv' et autres émissions littéraires ne m'ayant jamais donné envie de m'y intéresser... C'est un cadeau de mon amie L. à qui il a été prescrit et qui me l'a donc offert les yeux fermés. C'est un très beau texte, je dois l'avouer... Même si le propos ne m'emballait pas a priori, l'écriture est ciselée, avec une sorte de pureté, je ne sais pas vraiment comment dire... vulgairement, on pourrait dire "qu'il n'y a rien qui dépasse", chaque mot semble à sa place, loin de tout pathos et pourtant avec beaucoup de puissance. Une sorte de force tranquille se dégage de ce roman beau et tragique.


3 mars 2013

Petit déjeuner chez Tiffany, Truman Capote




«J'avais été au cinéma, j'étais rentré et je m'étais mis au lit avec un grog au rhum et le dernier Simenon. C'était tellement mon idée d'une soirée confortable que je ne parvenais pas à comprendre le sentiment de malaise qui s'amplifia en moi au point que je pouvais entendre les battements de mon coeur... Le sentiment que l'on m'épiait. Que quelqu'un était dans la chambre. Puis il y eut une succession de coups secs sur la vitre, une apparition d'un gris spectral. Je renversai le grog. Il me fallut un certain temps avant que je me décide à ouvrir la fenêtre et à demander à Miss Golightly ce qu'elle voulait.»    

J'avais lu De sang froid      de Truman Capote et j'avais à l'époque beaucoup aimé. Quand j'ai trouvé ce titre dans ma liseuse, je me suis plongée dedans avec enthousiasme. J'ai effectivement été dépaysée! Néanmoins, je me suis retrouvée, de façon un peu ridicule, à me demander à la moitié du volume quel rapport il pouvait bien y avoir entre ces châpitres.. hem, la minute blonde! Un petit tour sur le grand internet mondial m'a appris qu'il s'agissait là d'un recueil de nouvelles! 4 nouvelles, donc, dont deux plus réussies à mon goût : la première, Breakfast at Tiffany's, et la dernière, que j'ai trouvé extrêmement belle et poétique -Un souvenir de Noël - et qui raconte une histoire d'amitié entre un petit garçon et une vieille dame "libre", libre dans sa tête ( comme dirait France Gall, mais je ne trouve pas de façon de le dire mieux! Un esprit libre, quoi!). Deux nouvelles sur quatre, c'est déjà pas mal! Les deux autres ne m' ont pas laissé de joie particulière...  Un recueil de nouvelles romanesques, en tout cas!                

2 mars 2013

Monsieur Papa, Patrick Cauvin



Franck Lanier avait tout arrangé pour les vacances. Il casait son fils chez son ex-femme et lui filait à Bangkok. Mais son petit garçon, Laurent, n'est pas du tout d'accord. Il veut, lui aussi, partir pour Bangkok. Tous les moyens seront bons pour parvenir à ses fins, des plus drôles aux plus désespérés et des aventures peu banales se succèdent dans une vie quotidienne pleine de tendresse entre le père et le fils.

Je ne connaissais pas du tout Patrick Cauvin, mais j'ai été séduite par ce petit livre sans prétention dont tout l’intérêt à mon sens réside dans le maniement du registre de langue enfantin, populaire et la tendresse du propos. Un père et son fils qui vivent ensemble et qui s'aiment follement. Un drôle de petit garçon rêveur et lucide, qui va jusqu'au bout pour partir avec son papa ( quelques péripéties qui donneraient aujourd'hui des cheveux blancs à n'importe quel parent!) parce qu'il ne veut pas rester avec sa maman! La langue est savoureuse, même si le roman est daté. Ce n'est peut-être pas l'écrivain du siècle ( pardon pour les inconditionnels!) mais clairement un très joli moment de lecture!

1 mars 2013

Les fleurs bleues, Raymond Queneau




Cidrolin vit dans les années soixante, sur une péniche. Lorsqu’il s’endort, il rêve au duc Joachim d’Auge, qui vient du Moyen-Age, traverse l’histoire et rêve à Cidrolin, lorsqu’il s’endort... Du coup, qui rêve de qui, en fin de compte ? Raymond Queneau brouille les pistes, et joue avec le temps, avec les mots, pour recomposer un monde plus beau, où pointent de petites fleurs bleues. Au lecteur alors de rêver à son tour…

C'est mon amie E qui me l'a conseillé. Je connaissais le Queneau de la fameuse Zazie dans le métro que j'ai lu il y a... disons que ça commence à faire de nombreuses années! Je l'ai Les Fleurs Bleues avec beaucoup de plaisir! C'est drôle, inventif, la langue est riche, belle, étonnante! L'histoire est absolument fantaisiste et le style l'est tout autant! Rien que les prénoms valent le coup! Un régal rétro, réjouissant!

28 février 2013

Le magasin des suicides, Jean Teulé





      "Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre..."

J'étais ravie de pouvoir le lire, j'en avais entendu parler sur France Inter, puis il a été adapté au cinéma... mais je me demande s'il ne s'agirait pas de littérature jeunesse?! C'est mignon, oui, c'est joli, mais rien qui ne laisse un souvenir impérissable... C'est une sorte de conte un peu gnan-gnan qui ne m'a pas marquée plus que cela, malgré un propos a priori original...

27 février 2013

Le caveau de la famille, Katarina Mazetti





Après l’immense succès du Mec de la tombe d’à côté, nous sommes des centaines de milliers à nous demander ce qu'il advient de Désirée, la bibliothécaire, et de Benny, le paysan. Et bien, voici la suite…

Désirée dévore avec autant d’ardeur les livres et les produits bio, Benny lui, élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire « de son plein gré ». 
Pourtant, ils se sont promis trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c’est terminé pour toujours. Et si ça marche… [Mais chut ! On ne va tout de même pas vous raconter la suite de l’histoire. Néanmoins, les personnes impatientes … pourront en savoir plus…colonne suivante !] 
Comme le disait un critique littéraire suédois : « Le quotidien tue l’amour, la vie de famille l’enterre. » C’est gai. Bienvenue dans le caveau de famille ! Pétillant et jubilatoire.

Bingo ! Après trois essais manqués et trois prolongations qu’ils s’accordent en bons tricheurs amoureux, Désirée tombe enceinte. Non sans quelques appréhensions, elle s’installe dans la ferme de Rönngarden, obligeant Benny à jeter comme une vieille chaussette sa cousine Anita avec qui il vivait depuis un an. Désirée apprend à traire les vaches à son retour de la bibliothèque où elle travaille tandis que Benny, qui a la jambe dans le plâtre, apprend à changer les couches du bébé. Débordés par la ferme, les vaches, le petit Arvid et bientôt un deuxième bébé, les tensions montent rapidement dans le couple. Et leur intimité fond comme neige au soleil. Dans un sursaut d’amour, ils décident de se donner une nouvelle chance et partent en vacances quatre petits jours avant les labours d’automne.                                 


J'avais adoré le premier opus, mais j'avais eu un mauvais retour sur le deuxième et je voulais rester sur une bonne impression... la curiosité a été trop forte! Je ne dirais pas qu'il est mauvais par rapport au premier, l'écriture reste la même, c'est juste le récit qui fait nettement moins rêver! Mais difficile d'en dire plus sans dévoiler le propos... Disons que c'est la suite de l'histoire, le moment où la "lune de miel" se transforme au quotidien... Quand j'ai refermé ( en fait je n'ai rien refermé du tout, vu que je l'ai lu sur ma liseuse) le livre, je me suis dit "quoi? c'est tout? et alors? elle est où la morale de l'histoire?", puis j'ai pensé qu'au contraire, c'était bien "tout," dans le sens "plein" du terme... C'est la vie!
Il y a dans ce volume un morceau de bravoure de quelques pages sur le rythme infernal que vit cette mère qui a du faire jubiler plus d'une lectrice! 
Je m'emploie chaque jour à ne surtout pas me reconnaître dans ce roman, mais il est effectivement endiablé!

Une lecture à ne pas bouder...

24 février 2013

Delphine de Vigan


Beaucoup de billets "lecture" en perspective, dans le désordre!

J'ai beaucoup entendu parler de Delphine de Vigan, et le titre de son livre "Rien ne s'oppose à la nuit" m'attirait énormément, mais je devinais que le récit serait porteur d'une lourde charge émotionnelle.
Il est superbe. 



« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.


J'ai beaucoup aimé Rien ne s'oppose à la nuit, d'une part à cause du propos, qui est extrêmement touchant, mais surtout pour la façon dont Delphine de Vigan écrit avec entêtement et sensibilité la beauté et le terrible. On sent qu'elle avance dans son texte coûte que coûte, avec une justesse folle.  La construction est d'ailleurs tout à fait étonnante, puisque l'auteur fait irruption régulièrement dans son texte pour commenter et décrire le processus d'écriture. C'est un très beau livre, très fort, qui a imprimé ses images en moi pour longtemps.


C'est donc avec plaisir que j'ai reçu en cadeau No et moi de la part de mon amie L. ( un hasard puisqu'elle ignorait que j'avais Rien ne s'oppose à la nuit  dans mon Kobo!)







Le mot de l'éditeur : Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies. 
Enfant unique d’une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l’obscurité d’un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde. 
A la gare d’Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu’elle. 
No, son visage fatigué, ses vêtements sales, son silence. 
No, privée d’amour, rebelle, sauvage. 
No dont l’errance et la solitude questionnent le monde.
Des hommes et des femmes dorment dans la rue, font la queue pour un repas chaud, marchent pour ne pas mourir de froid. « Les choses sont ce qu’elles sont ». Voilà ce dont il faudrait se contenter pour expliquer la violence qui nous entoure. Ce qu’il faudrait admettre. Mais Lou voudrait que les choses soient autrement. Que la terre change de sens, que la réalité ressemble aux affiches du métro, que chacun trouve sa place. Alors elle décide de sauver No, de lui donner un toit, une famille, se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Envers et contre tous



Petit opus que celui-ci, intense et drôle. La petite héroïne  Lou, porte des valeurs qui ont existé en chacun de nous enfant et que la vie a tôt  fait de refroidir... Un joli regard porté sur l'amitié et une écriture juste, subtile , pour mettre en mouvement l'idée que résister est un choix.

23 février 2013

La Page blanche, Boulet & Bagieu


Parce que je suis une grande fan de Pénélope Bagieu, j'avais offert cette BD à mon amie E. pour son anniversaire. Comme elle est trop gentille, elle me l'a prêté hier et je l'ai lu cette nuit. Je trouve que les dessins de Pénélope sont frais, drôles, d'une grande finesse derrière un faux air de naïveté  et surtout, extrêmement expressifs. Elle manie aussi très bien l’auto-dérision et ce n'est pas pour me déplaire ( je la suis sur twitter et je ne me lasse pas de ses trouze-mille tweets par jour!)




J'avais aussi un a priori très favorable grâce à la couverture!
Malheureusement, je suis restée un peu perplexe devant le scénario du grand Boulet, que j'ai trouvé inabouti, ou pas assez creusé... Cela dit il se peut tout à fait que ce soit moi qui ne lise pas "bien" la BD, trop vite, sans m'attarder assez sur le détail du dessin de chaque case, je ne sais pas... Peu importe, j'ai beaucoup aimé les dessins de Pénélope, le format du livre est chouette, le papier superbe, la couverture cartonnée est épaisse et douce au toucher, cela participe aussi au plaisir de la lecture, pour moi!

Présentation éditeur (Delcourt) : Une jeune femme reprend ses esprits sur un banc sans se rappeler ni son nom ni ce qu'elle fait là. Menant l'enquête tant bien que mal, elle tente de retrouver la mémoire et son identité. Mais que va-t-elle découvrir ? Un passé romanesque fait de drames et de romances ou l'existence banale d'une femme ordinaire ? Et dans ce cas, saura-t-elle devenir quelqu'un après avoir été quelconque ?

17 février 2013

Le Journal d'Anne Frank


Après quelques mois de privation d'ordinateur, ce qui m'a valu de lire plus que d'ordinaire, je reviens à la civilisation et à mon blogounet!






C'est un peu tard que je suis venue à la lecture du famous Journal d'Anne Frank! Je ne m'attendais en réalité pas du tout à ce que j'ai lu, je ne savais pas - il y a parfois des évidences qui m'échappent! - qu'il s'agissait d'un récit de captivité. Finalement, il s'agit plutôt du récit de l'enfermement d'une petite fille juive, cachée à l'Annexe, avec sa famille, dans une aile de l'usine paternelle, afin d'échapper à la déportation. 
Un récit du quotidien, où Anne Franck décrit les menus faits, où la nourriture et les activités prennent toute la place, ainsi que les disputes. Anne Frank raconte son passage de l'enfance à l'adolescence, ses premiers émois, ses premières interrogations, ses premières rebellions. Une forte tête que cette jeune fille impulsive et imaginative, une féministe!

Un petit moment de lecture agréable, qui me permet de combler quelques lacunes littéraires. Je m'attendais à plus épique, moins monotone, mais je suis contente de l'avoir lu.

17 septembre 2012

Une Vie de pintade à Berlin, Hélène Kohl



Ce n'est pas que je ne fasse rien, je couds et je tricote de petites choses pour des cadeaux, mais j'oublie de prendre des photos! Mais c'est vrai que je lis plus que je ne tricote ou couds.... La preuve avec Une vie de Pintade à Berlin, qui m'a été offert pour mon anniversaire.





De prime abord, je ne me serais pas approchée de ce livre à la couverture so girly, je l'aurais pris pour de la chick lit'! Stop aux préjugés, car point de chick lit' ici, mais bien de la littérature de Pintade, dont la définition semble me coller parfaitement à la peau : 

" Une pintade n'est pas une poule ni une dinde et certainement pas une bécasse, mais le symbole de la femme d'aujourd'hui, sérieuse et frivole à la fois!"


Hélène Kohl signe en fait là un guide, un petit opus sociologique sur les berlinois et plus précisément les berlinoises! A lire comme un article de magazine de 370 pages : le style est tout à fait journalistique, le ton se veut léger et humoristique. La journaliste aborde tous les sujets qui peuvent préoccuper les berlinois d'aujourd'hui y compris les plus osés, dans un style courant, voire (très) familier... C'est un peu comme si Berlin nous était racontée par une bonne copine. Ce que j'ai apprécié ici, c'est la découverte de la vie quotidienne, pragmatique & sociologique, qui nous échappe toujours lorsque l'on joue les touristes... Quand on visite des musées ou que l"on se promène, on n'apprend rien des rapports des berlinoises avec la maternité, par exemple...
J'ai aimé la vision de l'intérieur & bien que l'auteur soit manifestement une bobolandaise, elle ne fait pas abstraction du Berlin turc ou du berlin underground, bien au contraire!

Je ne connais pas Berlin mais cet ouvrage sans prétentions me semble un moyen ludique de décourvrir une culture étrangère à la sienne!
J'aurais presque envie de jeter un oeil sur l'opus de la collection concernant Moscou!!